Bien qu'ils
soient unis par la langue, les pays francophones ont différentes cultures et
traditions. Elles se reflètent dans leurs contes de fées. Voici quelques
exemples de différents pays:
Algérie
Dhiab le nomade
Dans la
tribu nomade des Bnou Hillal, le jeune Dhiab, fils du chef Ghanem, était le
meilleur des bergers. Rusé, grand cavalier, il maniait le sabre, parlait aux
plantes et interrogeait le sable.
Un jour,
avant de changer de campement, les sages de la tribu désignèrent un groupe de
jeunes garçons pour repérer les terres de leur nouvelle destination. C’était
une épreuve d’initiation. Fiers d’entrer ainsi dans le cercle étroit des
initiés, ils enfourchèrent leurs chevaux et galopèrent à bride abattue.
Quelques jours après, ils revinrent fourbus de fatigue. Pressés de se reposer,
ils entravèrent leurs montures en aval de la réunion des sages qui les
attendaient. Seul parmi eux, Dhiab prit la peine d’entraver sa jument en amont
et fit les salutations d’usage avant de rejoindre la tente de ses parents.
Un peu plus
tard, les jeunes se présentèrent dignement devant leurs ainés qui les
interrogèrent.
- Alors, ce voyage ? Qu’en avez-vous retenu ?
- Rien de bien particulier ! répondirent les jeunes nomades.
- Alors, ce voyage ? Qu’en avez-vous retenu ?
- Rien de bien particulier ! répondirent les jeunes nomades.
Ghanem
regarda son fils et insista :
- Et toi Dhiab ? As-tu quelque chose à ajouter ?
- Et toi Dhiab ? As-tu quelque chose à ajouter ?
Et à Dhiab
d’expliquer :
- Nous n’avons effectivement pas vu âme qui vive mais la terre que nous avons repérée, venait d’être traversée par une longue caravane. Une caravane qui comptait un dromadaire borgne, un dromadaire sans queue, un homme gaucher, une femme enceinte et une chienne qui venait d’avoir une portée.
- Nous n’avons effectivement pas vu âme qui vive mais la terre que nous avons repérée, venait d’être traversée par une longue caravane. Une caravane qui comptait un dromadaire borgne, un dromadaire sans queue, un homme gaucher, une femme enceinte et une chienne qui venait d’avoir une portée.
Les
anciens, qui savaient la marque de la lignée, tendirent leurs oreilles afin de
n’en rien rater :
- Comment peux-tu être si précis, alors qu’il n’y avait pas âme qui vive ?
- Comment peux-tu être si précis, alors qu’il n’y avait pas âme qui vive ?
Et Dhiab,
inclinant légèrement la tête vers le bas en signe de respect, continua :
- Les traces de la caravane sur le sol étaient visibles. Quant au reste, voici mes observations. Le dromadaire était borgne car sur le bord de la route, l’herbe n’était broutée que d’un seul côté. Preuve que l’animal ne voit que d’un œil. L’autre dromadaire était sans queue car il était le seul à avoir les crottes alignées. Preuve qu’il ne pouvait les disperser en agitant la queue.
- Et l’homme gaucher ? Et la femme enceinte ? insista un homme de l’assemblée.
- Le sable parle ! Comme vous le savez, les nomades ne se séparent jamais de leurs bâtons, prêts à se battre en cas de danger. L’un d’entre eux qui suivait à pieds, portait constamment le sien de la main gauche. Quant à la femme enceinte, ses pas sur le sable montraient qu’en marchant, elle appuyait beaucoup plus sur les talons. Seule une femme alourdie par sa grossesse marche ainsi.
- Et comment as-tu deviné que la chienne de cette tribu venait d’avoir des petits ?
- La chienne qui suivait, marchait par moment sur ses pattes arrières seulement, preuve qu’elle s’agrippait à une bête sur laquelle était posée sa portée. Cela chez les chiens nous l’avons tous constaté.
- Les traces de la caravane sur le sol étaient visibles. Quant au reste, voici mes observations. Le dromadaire était borgne car sur le bord de la route, l’herbe n’était broutée que d’un seul côté. Preuve que l’animal ne voit que d’un œil. L’autre dromadaire était sans queue car il était le seul à avoir les crottes alignées. Preuve qu’il ne pouvait les disperser en agitant la queue.
- Et l’homme gaucher ? Et la femme enceinte ? insista un homme de l’assemblée.
- Le sable parle ! Comme vous le savez, les nomades ne se séparent jamais de leurs bâtons, prêts à se battre en cas de danger. L’un d’entre eux qui suivait à pieds, portait constamment le sien de la main gauche. Quant à la femme enceinte, ses pas sur le sable montraient qu’en marchant, elle appuyait beaucoup plus sur les talons. Seule une femme alourdie par sa grossesse marche ainsi.
- Et comment as-tu deviné que la chienne de cette tribu venait d’avoir des petits ?
- La chienne qui suivait, marchait par moment sur ses pattes arrières seulement, preuve qu’elle s’agrippait à une bête sur laquelle était posée sa portée. Cela chez les chiens nous l’avons tous constaté.
Les sages,
qui étaient en admiration, posèrent une dernière question :
- Dis-nous pourquoi, en arrivant, contrairement aux autres garçons, tu as attaché ton cheval en amont ?
- J’ai senti la direction du vent. En aval, l’odeur du crottin de mon cheval risquait de vous incommoder, vous, l’honorable assemblée, conclut enfin Dhiab qui fit, une fois de plus, l’admiration des siens.
Tous les sages tournèrent leurs regards vers Ghanem son père, qui dit avec fierté : « C’est ainsi ! Pour saisir ce qui est hors de portée, le héros hillalien possède sa main, son sabre, mais également le bord de ses cils ! »
- Dis-nous pourquoi, en arrivant, contrairement aux autres garçons, tu as attaché ton cheval en amont ?
- J’ai senti la direction du vent. En aval, l’odeur du crottin de mon cheval risquait de vous incommoder, vous, l’honorable assemblée, conclut enfin Dhiab qui fit, une fois de plus, l’admiration des siens.
Tous les sages tournèrent leurs regards vers Ghanem son père, qui dit avec fierté : « C’est ainsi ! Pour saisir ce qui est hors de portée, le héros hillalien possède sa main, son sabre, mais également le bord de ses cils ! »
De nos
jours encore, les récits des élégantes hardiesses de Dhiab enchantent petits et
grands.
France
Le petit jardinier aux cheveux d'or
Il était
une fois un homme sauvage à la peau brun-rouge comme du fer rouillé. On l’avait
trouvé, allongé, au fond d’un marais. Le roi l’avait fait mettre en cage,
devant son château. La clé de la cage, c’est la reine qui la gardait.
Tous les
jours le petit prince vient jouer autour de la cage avec sa balle d’or.
Un matin, la balle tombe dans la cage. L’homme sauvage refuse de la rendre à
moins que l’enfant ne lui ouvre la porte.
« La clé est cachée sous l’oreiller de ta maman ! »
Le petit prince veut sa balle ! Il vole la clé et ouvre la cage. Mais quand il voit fuir l’homme sauvage, il prend peur et crie : « Ne m’abandonne pas ! »
Alors l’homme revient sur ses pas, et prend l’enfant sur ses épaules.
« La clé est cachée sous l’oreiller de ta maman ! »
Le petit prince veut sa balle ! Il vole la clé et ouvre la cage. Mais quand il voit fuir l’homme sauvage, il prend peur et crie : « Ne m’abandonne pas ! »
Alors l’homme revient sur ses pas, et prend l’enfant sur ses épaules.
Après une
longue marche, l’homme s’arrête au cœur d’une sombre forêt. Il dit au garçon : «
Tu n’as rien à craindre. J’ai des trésors plus grands et plus beaux que ceux
des rois de ce monde. Ils seront pour toi si tu m’obéis. »
Au lever du jour, l’homme sauvage montre à l’enfant une source d’eau cristalline dans laquelle nage un petit poisson aux écailles d’or. « Veille bien que rien ne souille la source ! Je viendrai vérifier ce soir. »
Le petit prince fait très attention que rien ne tombe dans l’eau claire. Très, très attention ! Mais il finit par trouver le temps long. N’avoir rien à faire, c’est très ennuyeux ! Il se met à contempler son propre reflet. Il se trouve beau. Une mèche de ses longs cheveux glisse et vient frôler la surface de l’eau. Aussitôt, toute sa crinière prend la couleur flamboyante de l’or.
Le garçon cache vite ses cheveux sous son bonnet. C’est peine perdue car l’homme sauvage à son retour sait déjà tout.
« Tu n’as pas réussi l’épreuve ! Tu ne peux pas rester avec moi. Il te faut partir dans le vaste monde. Tu y apprendras ce qu’est la misère. Cependant je t’accorde une faveur. Si tu es en grande difficulté, va dans la forêt et crie : « Jean-de-Fer » ».
Au lever du jour, l’homme sauvage montre à l’enfant une source d’eau cristalline dans laquelle nage un petit poisson aux écailles d’or. « Veille bien que rien ne souille la source ! Je viendrai vérifier ce soir. »
Le petit prince fait très attention que rien ne tombe dans l’eau claire. Très, très attention ! Mais il finit par trouver le temps long. N’avoir rien à faire, c’est très ennuyeux ! Il se met à contempler son propre reflet. Il se trouve beau. Une mèche de ses longs cheveux glisse et vient frôler la surface de l’eau. Aussitôt, toute sa crinière prend la couleur flamboyante de l’or.
Le garçon cache vite ses cheveux sous son bonnet. C’est peine perdue car l’homme sauvage à son retour sait déjà tout.
« Tu n’as pas réussi l’épreuve ! Tu ne peux pas rester avec moi. Il te faut partir dans le vaste monde. Tu y apprendras ce qu’est la misère. Cependant je t’accorde une faveur. Si tu es en grande difficulté, va dans la forêt et crie : « Jean-de-Fer » ».
Le prince
s’en va par les chemins, ses cheveux d’or sous son bonnet de laine.
Il erre longtemps. Il parvient enfin au château d’un roi où on l’engage comme jardinier.
Comme il garde son bonnet sur la tête jour et nuit, prétextant une hideuse maladie, les autres valets se moquent de lui et le méprisent.
Il erre longtemps. Il parvient enfin au château d’un roi où on l’engage comme jardinier.
Comme il garde son bonnet sur la tête jour et nuit, prétextant une hideuse maladie, les autres valets se moquent de lui et le méprisent.
Or un jour
qu’il se croit seul au jardin, voilà qu’il enlève son bonnet de laine pour se
rafraîchir. Le soleil fait un ricochet sur sa chevelure pour venir briller
comme un éclair d’or dans la chambre de la fille du roi.
La jeune princesse court à sa fenêtre, voit les cheveux d’or du jardinier et tout aussitôt réclame un bouquet :
« Hé, toi le gamin là, monte-moi des fleurs ! »
Le garçon remet son bonnet en hâte, cueille un bouquet de pensées sauvages et le porte dans la chambre de la jeune fille.
« Ôte ton bonnet, impoli que tu es ! »
« Je ne peux pas, j’ai la teigne ! »
Bondissant vers lui, rieuse et légère, elle lui arrache le bonnet. Et alors la chevelure d’or apparaît dans tout son éclat et la chambre entière est illuminée.
La jeune princesse court à sa fenêtre, voit les cheveux d’or du jardinier et tout aussitôt réclame un bouquet :
« Hé, toi le gamin là, monte-moi des fleurs ! »
Le garçon remet son bonnet en hâte, cueille un bouquet de pensées sauvages et le porte dans la chambre de la jeune fille.
« Ôte ton bonnet, impoli que tu es ! »
« Je ne peux pas, j’ai la teigne ! »
Bondissant vers lui, rieuse et légère, elle lui arrache le bonnet. Et alors la chevelure d’or apparaît dans tout son éclat et la chambre entière est illuminée.
De ce jour
la princesse exige un bouquet frais chaque après-midi et que ce soit le petit
jardinier qui le lui monte dans sa chambre.
Le temps coule
doux !
Mais voilà la guerre qui rôde aux frontières. Chacun veut se battre. Défendre le roi ! Même le petit jardinier teigneux ! Les valets se moquent et ne lui laissent qu’un cheval boiteux pour aller au front.
Le garçon enfourche bravement son cheval et va dans les bois. De toutes ses forces, par trois fois, il crie : « Jean-de-Fer ».
Mais voilà la guerre qui rôde aux frontières. Chacun veut se battre. Défendre le roi ! Même le petit jardinier teigneux ! Les valets se moquent et ne lui laissent qu’un cheval boiteux pour aller au front.
Le garçon enfourche bravement son cheval et va dans les bois. De toutes ses forces, par trois fois, il crie : « Jean-de-Fer ».
L’homme
sauvage surgit : « Que veux-tu ? »
« Un coursier puissant pour faire la guerre ! »
« Tu l’auras, et bien plus encore ! »
Un étalon blanc bondit des fourrés. Puis vient une troupe de cent cavaliers aux armes luisantes. Le garçon revêt une armure aux reflets de lune et hop ! Saute en selle !
« Un coursier puissant pour faire la guerre ! »
« Tu l’auras, et bien plus encore ! »
Un étalon blanc bondit des fourrés. Puis vient une troupe de cent cavaliers aux armes luisantes. Le garçon revêt une armure aux reflets de lune et hop ! Saute en selle !
Sur le
front, les troupes du roi se font massacrer. Le beau cavalier aux cheveux dorés
charge l’ennemi avec ses soldats. L’assaut est violent. Les armes cliquètent.
Les cris fusent. Le sang gicle.
L’ennemi vaincu sonne la retraite. Le roi a gagné, son trône est sauvé.
L’ennemi vaincu sonne la retraite. Le roi a gagné, son trône est sauvé.
Le beau
cavalier aux cheveux dorés disparaît dans les bois. Ses soldats aussi. Et le
teigneux revient au palais sur son cheval boiteux.
Le roi se demande qui est l’étranger aux cheveux dorés auquel il doit tout. Il aimerait bien le récompenser. Il en parle à sa fille. La princesse a une idée :
« Père, annoncez dans tout le royaume que j’épouserai celui qui pourra attraper au vol la balle d’or que je lancerai. »
Le roi se demande qui est l’étranger aux cheveux dorés auquel il doit tout. Il aimerait bien le récompenser. Il en parle à sa fille. La princesse a une idée :
« Père, annoncez dans tout le royaume que j’épouserai celui qui pourra attraper au vol la balle d’or que je lancerai. »
Dès le
lendemain, tous les jeunes gens sont sur la pelouse devant le palais pour
tenter leur chance. Au balcon, la princesse attend. Surgit un seigneur en habit
rouge sur un cheval rouge. La princesse lance la balle d’or. Le cavalier, d’un
bond, l’attrape au vol et s’enfuit. Mais son heaume tombe et sa chevelure luit
de mille feux mordorés.
Le roi est vexé. Pourquoi le bel inconnu se moque-t-il ainsi de lui ?
La princesse dit : « Calmez-vous mon père, et faites appeler votre jardinier, oui, le petit teigneux, je crois qu’il a quelque chose à vous monter. »
Le roi ne comprend rien mais il ordonne qu’on aille chercher le teigneux au jardin.
La princesse dit alors:
« Petit jardinier ôte ton bonnet pour l’amour de moi ! »
Le garçon ôte son bonnet de laine et sa chevelure étincelle.
Dans sa poche il prend la balle d’or et en riant, il la montre à toute la cour.
Les gens s’extasient, les cloches sonnent. Quant à la princesse, ses joues sont toutes roses et ses yeux brillent.
Le roi est vexé. Pourquoi le bel inconnu se moque-t-il ainsi de lui ?
La princesse dit : « Calmez-vous mon père, et faites appeler votre jardinier, oui, le petit teigneux, je crois qu’il a quelque chose à vous monter. »
Le roi ne comprend rien mais il ordonne qu’on aille chercher le teigneux au jardin.
La princesse dit alors:
« Petit jardinier ôte ton bonnet pour l’amour de moi ! »
Le garçon ôte son bonnet de laine et sa chevelure étincelle.
Dans sa poche il prend la balle d’or et en riant, il la montre à toute la cour.
Les gens s’extasient, les cloches sonnent. Quant à la princesse, ses joues sont toutes roses et ses yeux brillent.
On les
marie dès le lendemain, sans autre question.
Pendant le banquet, tout soudain, les portes s’ouvrent : Un seigneur imposant et magnifique entre. Il dit au marié : « Je suis l’homme sauvage, je suis Jean-de-Fer. Un sort m’accablait. Par ton beau courage, tu m’as délivré. Désormais tous mes trésors sont à toi ».
Pendant le banquet, tout soudain, les portes s’ouvrent : Un seigneur imposant et magnifique entre. Il dit au marié : « Je suis l’homme sauvage, je suis Jean-de-Fer. Un sort m’accablait. Par ton beau courage, tu m’as délivré. Désormais tous mes trésors sont à toi ».
Haïti
Comment les ânes apparurent en Haïti
Voici mon
conte !
Le matin
des noces de son père, un petit bout d'homme, pas plus haut que trois
sapotilles, son balai de latanier à la main, "propretait" le devant
de sa chaumière ainsi que sa cour.
Un esprit
surnaturel vient soudain se loger dans sa tête et lui dit que la future épouse
qui a l'apparence trompeuse d'une femme fort belle est, en vérité, une ânesse.
Pour en avoir la preuve il lui conseille de lui astiquer les fesses avec un
nerf de bœuf pour qu'elle rue et retrouve sa vraie nature.
C'était une
bien terrible révélation pour un petit bonhomme pas plus haut que trois citrons
verts qui ne trouve rien d'autre à faire que de chanter tout en balayant :
- M ap propte o !
Men pouki m ap propte ?
Je nettoie o !
Mais à quoi me sert-il de nettoyer ?
- M ap propte o !
Men pouki m ap propte ?
Je nettoie o !
Mais à quoi me sert-il de nettoyer ?
Il est bien
tenté d'en parler à son père, et peut-être même lui en a-t-il glissé deux mots,
peine perdue, le père est devenu un morceau de sucre qui fond sous la langue de
sa promise.
- M ap propte o !
Men pouki m ap propte ? continue de chanter le petit bonhomme pas plus haut que trois cirueles qui a subtilisé le nerf de bœuf de son père et l'a caché sous sa vareuse.
- M ap propte o !
Men pouki m ap propte ? continue de chanter le petit bonhomme pas plus haut que trois cirueles qui a subtilisé le nerf de bœuf de son père et l'a caché sous sa vareuse.
Au moment
des réjouissances, les invités de la future épouse envahissent la cour et la
maison ; ils sont plus nombreux que ceux du futur marié. Ils boivent, ils
mangent, ils rient comme des baudets. C'est alors que le petit bonhomme pas
plus haut que trois pois tendres, se place derrière la mariée et lui astique
les fesses, vloup, avec le nerf de bœuf.
Blakadap,
instantanément la mariée rue des quatre pattes. Campé bravement au milieu des
invités, le petit bonhomme devenu grand comme un mapou fromager, lance, avec
autorité, des coups de fouets sur les côtés, devant, derrière, en haut, en bas,
vloup, vlap, vlip !
La
réception se transforme en écurie avec des braiments, des hennissements, des
hi-hans, des blakadap. Chaque coup de fouet sur les fesses d'un invité le
transforme en âne. Toute cette belle compagnie de bourricots ne cherche qu'à
fuir. On s'entrechoque, on se bouscule, on s'entrave dans un brouhaha cocasse.
Lorsque
dans un colossal nuage de poussière tous les ânes ont disparu, le petit
bonhomme et son père ont retrouvé, tapie dans un coin de la maison et tout
penaud, un tout petit âne que ses toutes petites pattes ne lui avaient pas
permis de fuir.
C'est ce
tout petit âne là qui a peuplé l'île de tous les ânes qui, depuis lors, portent
les fardeaux des paysans à travers les mornes d'Haïti.
Voilà mon
conte !
Mali
L'éléphant et le hérisson
Il était
une fois les animaux de la brousse. Ils vivaient entre eux. Seuls sur la terre.
Non, pas tout à fait. Il y avait aussi dans la brousse les génies, les grands
et les nains, qui, eux aussi, vivaient entre eux. Quant aux hommes, ils
n’avaient pas encore fait leur apparition sur la terre.
À cette
époque-là, lointaine, très lointaine, il n’y avait sur toute surface de la
terre qu’un seul cours d’eau, une petite rivière aux eaux salées, qui
appartenait au petit hérisson. Un génie nain, un wokloni, avait eu la
gentillesse de la lui montrer :
- C’est pour toi. Si quelqu’un y boit sans ta permission, la rivière disparaîtra. Si tu refuses à qui que ce soit la permission d’y boire, la rivière disparaîtra pareillement.
- C’est pour toi. Si quelqu’un y boit sans ta permission, la rivière disparaîtra. Si tu refuses à qui que ce soit la permission d’y boire, la rivière disparaîtra pareillement.
De nature,
le petit hérisson n’est pas méchant, malgré ses piquants qui lui en donnent
l’air. Il suffisait donc de lui demander : « Petit hérisson, je meurs de soif.
Est-ce que je peux aller boire dans ta rivière ? » Il répondait toujours par
oui. Et tu pouvais te désaltérer à satiété.
Mais un
jour, l’éléphant, piqué par on ne sait quelle mouche, se leva et déclara :
- Moi, le plus grand de tous les animaux, le plus puissant, le plus fort, que je sois obligé à chaque fois de demander la permission à ce petit rien de hérisson, est inacceptable. Je ne le ferai donc plus. Désormais, je boirai sans sa permission !
- Moi, le plus grand de tous les animaux, le plus puissant, le plus fort, que je sois obligé à chaque fois de demander la permission à ce petit rien de hérisson, est inacceptable. Je ne le ferai donc plus. Désormais, je boirai sans sa permission !
Le petit
hérisson n’était pas présent. Mais les autres animaux, qui attendaient son
arrivée, dirent à l’éléphant :
- Ne fais pas ça, éléphant. Il ne te coûte rien de demander la permission au petit hérisson. Il n’a jamais refusé de l’eau à personne.
Mais l’éléphant ne les écouta pas. Il se leva et alla boire l’eau de la rivière. Mais à peine eut-il commencé à boire que la rivière se retira. Et l’éléphant partit en barrissant.
- Ne fais pas ça, éléphant. Il ne te coûte rien de demander la permission au petit hérisson. Il n’a jamais refusé de l’eau à personne.
Mais l’éléphant ne les écouta pas. Il se leva et alla boire l’eau de la rivière. Mais à peine eut-il commencé à boire que la rivière se retira. Et l’éléphant partit en barrissant.
Quelques
instants après, arriva le petit hérisson, qui trouva que sa petite rivière aux
eaux salées était à sec. Il se dressa sur ses petites pattes et demanda :
- Qui a bu toute l’eau de ma petite rivière ?
- C’est l’éléphant, répondirent en chœur les autres animaux. On le lui avait pourtant déconseillé…
Et le petit hérisson de se dresser sur ses petites pattes et de chanter de sa voix courroucée :
« Ma petite rivière à moi
L’éléphant l’a vidée
Si jamais je vois l’éléphant
Si jamais jamais je rencontre l’éléphant
Je me battrais avec lui
Et je lui ferai rendre ma rivière
Parole de hérisson. »
- Qui a bu toute l’eau de ma petite rivière ?
- C’est l’éléphant, répondirent en chœur les autres animaux. On le lui avait pourtant déconseillé…
Et le petit hérisson de se dresser sur ses petites pattes et de chanter de sa voix courroucée :
« Ma petite rivière à moi
L’éléphant l’a vidée
Si jamais je vois l’éléphant
Si jamais jamais je rencontre l’éléphant
Je me battrais avec lui
Et je lui ferai rendre ma rivière
Parole de hérisson. »
Ce disant,
le petit hérisson partit à la recherche de l’éléphant, il trottinait tout seul
dans la brousse. De temps en temps, il se redressait sur ses petites pattes ou
montait sur un arbre pour chercher l’éléphant des yeux.
Il était vraiment en colère. Mais est-ce qu’un petit rien de hérisson peut vaincre le grand éléphant ?
- Si ! Si ! Je le vaincrai, avait répondu le petit hérisson aux animaux qui l’avaient mis en garde.
Il était vraiment en colère. Mais est-ce qu’un petit rien de hérisson peut vaincre le grand éléphant ?
- Si ! Si ! Je le vaincrai, avait répondu le petit hérisson aux animaux qui l’avaient mis en garde.
Le petit
hérisson marcha ainsi pendant longtemps. Ce fut vers le petit soir qu’il vit
l’éléphant. Le gros pachyderme avait fini d’engloutir des tonnes et des tonnes
de nourriture et se reposait aux rayons couchants du soleil. Il dormait.
Le petit hérisson se dirigea droit sur lui. Il lui donna un coup de patte, puis un autre et un autre encore. L’éléphant se réveilla.
- C’est toi, toi qui a bu toute l’eau de ma petite rivière à moi, hein ? demanda le petit hérisson en colère.
- Oui, c’est moi. C’est bien moi. Et que veux-tu ? bougonna l’éléphant.
- Me battre avec toi !
- Ah ! ah ! ah ! éclata de rie l’éléphant. Te battre avec moi ? Est-ce que tu n’es pas devenu fou ?
Le petit hérisson se dirigea droit sur lui. Il lui donna un coup de patte, puis un autre et un autre encore. L’éléphant se réveilla.
- C’est toi, toi qui a bu toute l’eau de ma petite rivière à moi, hein ? demanda le petit hérisson en colère.
- Oui, c’est moi. C’est bien moi. Et que veux-tu ? bougonna l’éléphant.
- Me battre avec toi !
- Ah ! ah ! ah ! éclata de rie l’éléphant. Te battre avec moi ? Est-ce que tu n’es pas devenu fou ?
En réponse,
le petit hérisson se mit à frapper l’éléphant. Et l’éléphant se fâcha. Il se
leva. Il leva sa trompe et frappa à son tour le petit hérisson. C’était ce
qu’il ne fallait pas faire. Le petit hérisson enfonça tous ses piquants dans la
trompe de l’éléphant qui hurla de douleur et appela tous les animaux au
secours. Ceux-ci vinrent supplier le petit hérisson d’enlever ses piquants de
la trompe de l’éléphant.
Le petit
hérisson, malgré ses piquants, n’est pas méchant. Il accepta volontiers de
soigner l'éléphant. C’est depuis ce jour que l’éléphant, malgré sa force, ne
s’attaque jamais aux plus petits que lui.
Maroc
L'élection d'un ministre
Le lion a
depuis la nuit des temps régné seul. Il a toujours imposé sa loi en despote. Or
un jour, il décide d’adopter une nouvelle façon de gouverner et de nommer un
vizir à ses côtés. Il ne trouve de meilleure façon d'inaugurer cette nouvelle
ère que d'organiser un concours pour la désignation de ce ministre.
Il convie
tous les animaux à une grande assemblée et leur annonce sa réforme :
- Chers sujets, il est temps que je partage avec vous le pouvoir, que vous participiez à la prise des décisions et à la gérance des biens de notre Royaume. J'ai donc décidé de nommer un vizir, ce sera celui ou celle qui, parmi vous, demain, verra le premier le soleil se lever.
- Chers sujets, il est temps que je partage avec vous le pouvoir, que vous participiez à la prise des décisions et à la gérance des biens de notre Royaume. J'ai donc décidé de nommer un vizir, ce sera celui ou celle qui, parmi vous, demain, verra le premier le soleil se lever.
Le
lendemain, dès l'aube, tous les animaux sont au rendez-vous, prévu au fond de
la vallée. Tous ont les yeux tournés du côté de l'Est, tous excepté le hérisson
qui regarde du côté opposé et s’expose à la risée de l’assemblée. Tandis que
règne un silence pesant et une tension extrême, une petite voix s’élève :
- Le voici ! Le voici ! Voici le soleil Votre Majesté !
- Le voici ! Le voici ! Voici le soleil Votre Majesté !
Toutes les
têtes se tournent du côté de la voix. La surprise des animaux est grande
lorsqu'ils voient le Roi féliciter l'ingénieux hérisson qui a remporté le
concours. En effet, il a vu le reflet des rayons du soleil à l'Ouest avant que
le soleil lui-même ne se lève à l'Est.
Et depuis
ce jour, le hérisson est le bras droit du lion, Roi de la Forêt.
Mauritanie
Épouser une jolie femme c'est un gros risque
Fatouma
était une belle femme, on aurait dit une perle en diamant, sucée et crachée par
Dieu en personne.Elle habitait avec son mari Moussa, une cabane située dans la forêt, non loin de Keur Mour, mon village. Moussa était un grand chasseur. En ce temps là toute la région faisait partie du royaume du roi tout puissant "Bour doley".
Un jour, le
roi "Bour doley" qui se promenait sur son cheval aperçoit Fatoumata,
habillée d'une robe en soie, coiffée d'un foulard assorti, assise sur le seuil
de la porte de sa cabane en train de préparer du couscous pour le repas du
soir. Son mari était encore à la chasse. Le roi manqua de tomber de son cheval
en voyant cette beauté si rare. Ses courtisans l'aidèrent à continuer son
chemin. A cette époque le royaume était en guerre contre un royaume voisin. Le
lendemain, le roi Bour doley envoie le mari de Fatoumata au front.
Tous les
jours qui suivent, le roi passe voir Fatoumata et lui apporte des cadeaux. Une
nuit, il va voir Fatoumata dans sa cabane et lui dit :
- Je ne peux plus m'empêcher de te le dire, je suis follement amoureux de toi, je veux que tu sois ma maîtresse maintenant, et si ton mari ne revient pas je te prendrai comme seconde épouse. Tu vivras dans mon palais tu seras ma reine favorite.
Fatoumata, calmement, répond :
- Sire, vous avez le droit de vie et de mort sur tous les citoyens de votre royaume y compris sur moi bien sûr, si vous voulez me prendre par la force je ne peux pas résister. Mais si vous me demandez mon avis, j'aime un homme c'est mon mari !
- Je ne peux plus m'empêcher de te le dire, je suis follement amoureux de toi, je veux que tu sois ma maîtresse maintenant, et si ton mari ne revient pas je te prendrai comme seconde épouse. Tu vivras dans mon palais tu seras ma reine favorite.
Fatoumata, calmement, répond :
- Sire, vous avez le droit de vie et de mort sur tous les citoyens de votre royaume y compris sur moi bien sûr, si vous voulez me prendre par la force je ne peux pas résister. Mais si vous me demandez mon avis, j'aime un homme c'est mon mari !
À ces
paroles le roi reste comme pétrifié sur le lit où il était assis. Au bout d'un
long moment de silence, il se lève et rentre chez lui. Mais ce que ni le roi,
ni Fatoumata ne savaient c'est que Moussa était revenu, juste au moment où le
roi entrait dans la cabane et qu'il a tout entendu. Après le départ du roi, il
passe le reste de la nuit dehors avec ses soucis.
Au petit
matin, il entre dans la case et réveille sa femme et lui apprend que la guerre
est finie. Fatoumata, jubile, embrasse son mari de tous les côtés mais ce
dernier reste silencieux et calme. Elle s'inquiète, lui pose des questions sur
sa santé, et tout, mais lui reste très calme. Au bout d'un moment il dit à sa
femme de rentrer chez ses parents jusqu'à ce qu'il y voie plus clair.
- Pourquoi, répond-elle, qu'est-ce que j'ai fait ?
Mais là aussi pas de réponse précise…
- Pourquoi, répond-elle, qu'est-ce que j'ai fait ?
Mais là aussi pas de réponse précise…
Fatoumata
fait son sac et rentre chez ses parents. Une semaine se passe. Moussa ne va pas
donner d’explication aux parents de Fatoumata. Ils décident d'amener l'affaire
chez le juge. En ce temps là le roi était aussi le juge. Le roi reçoit les deux
parties et donne d’abord la parole à Fatoumata qui dit :
- Moi je n'ai rien compris, mon mari est parti au front, j’étais contente et pressée de le voir rentrer, mais le jour où il est arrivé il m'a dit de partir chez mes parents.
- Moi je n'ai rien compris, mon mari est parti au front, j’étais contente et pressée de le voir rentrer, mais le jour où il est arrivé il m'a dit de partir chez mes parents.
Alors le
roi juge se tourne vers Moussa, et lui demande :
- Tu n'aimes plus cette femme.
- Je l'aime aujourd’hui plus qu'hier.
- Alors, pourquoi lui as-tu dit de partir, demande le roi.
- C'est parce que j'ai peur.
- Peur de quoi, demandent le roi et ses notables qui l'entouraient.
- Une nuit, continue Moussa, j'ai vu les traces d'un lion dans ma maison. Comme je n’ai pas la force de protéger ma femme, ni de me protéger, je lui ai demandé de partir chez ses parents.
Le roi reste longtemps silencieux, puis dit à Moussa :
- Est-ce que tu as remarqué des dégâts après le passage du lion ?
- Non, dit ce dernier.
- Tu n'aimes plus cette femme.
- Je l'aime aujourd’hui plus qu'hier.
- Alors, pourquoi lui as-tu dit de partir, demande le roi.
- C'est parce que j'ai peur.
- Peur de quoi, demandent le roi et ses notables qui l'entouraient.
- Une nuit, continue Moussa, j'ai vu les traces d'un lion dans ma maison. Comme je n’ai pas la force de protéger ma femme, ni de me protéger, je lui ai demandé de partir chez ses parents.
Le roi reste longtemps silencieux, puis dit à Moussa :
- Est-ce que tu as remarqué des dégâts après le passage du lion ?
- Non, dit ce dernier.
Alors
retournez chez vous tous les deux ; le lion ne viendra plus vous déranger.
Sénégal
Boori ou la vache perdue
Un enfant
était parti faire paître le troupeau de son père. Il perdit une vache du nom de
Boori. Son père lui dit : « Tu ne mangeras et ne boiras que lorsque tu m'auras
ramené Boori. » L'enfant se mit à marcher, à marcher.
Lorsqu'il
arriva dans un village il chanta :
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori ».
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
(On lui dit :)
- Ey ! Boori est passée ici il y a 30 hivernages, un Peul la conduisait.
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori ».
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
(On lui dit :)
- Ey ! Boori est passée ici il y a 30 hivernages, un Peul la conduisait.
Il se remit
à courir ; arrivé dans un autre village, il chanta à nouveau :
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de
Mbaamaan ô Boori ».
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Boori est passée par ici du temps où cette femme qui égrène le mil sous l'arbre à palabres tétait encore sa mère.
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de
Mbaamaan ô Boori ».
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Boori est passée par ici du temps où cette femme qui égrène le mil sous l'arbre à palabres tétait encore sa mère.
Il se remit
à courir, atteignit un hameau et dit :
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Boori est passée ici le jour du baptême de ce garçon qui doit être circoncis vendredi prochain. Boori a même mangé de la bouillie de mil. Hâte le pas.
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Boori est passée ici le jour du baptême de ce garçon qui doit être circoncis vendredi prochain. Boori a même mangé de la bouillie de mil. Hâte le pas.
Il se remit
à courir, courir jusqu'à un village et chanta :
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Boori est passée ici avant hier, Dieu sait qu'elle a même aidé à ôter les fibres de ce baobab.
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Boori est passée ici avant hier, Dieu sait qu'elle a même aidé à ôter les fibres de ce baobab.
Il courut
et dit :
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Elle se trouve parmi les bœufs d'un Peul dont le troupeau vient de s'abreuver dans ce marigot. Hâte le pas.
« 0 Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
- Boori n'est-elle pas passée par ici ?
- Elle se trouve parmi les bœufs d'un Peul dont le troupeau vient de s'abreuver dans ce marigot. Hâte le pas.
L’enfant
courut et trouva le Peul en train de se laver les pieds. Il dit :
- Je cherche une vache du nom de Boori et c'est celle-ci.
- Laquelle ? dit le Peul.
- Celle-ci.
- Cette vache m'est destinée, voici sa mère, (répondit le Peul).
- Mon père m'avait envoyé en transhumance et je l'ai perdue, il a dit que je ne mangerai et ne boirai que lorsque je la lui aurai ramenée car c'est elle la vache aînée du troupeau. J'ai fait préparer du couscous et me suis lancé à travers la brousse. Cela fait trente ans que je la cherche. Maintenant, faisons comme ceci. Je vais me mettre de côté et l'appeler Boori. Si elle ne me répond pas, c'est signe qu'elle ne m'appartient pas ; si elle vient à moi, tu sauras qu'elle m'appartient.
Le Peul répondit : Bismillahi.
Le jeune homme se mit de côté et chanta :
« O Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
Boori commence à courir ; elle se jeta sur lui et se mit à le lécher.
- En toute franchise, cette vache t'appartient, prends-la et rentre chez toi, dit le Peul.
- Je cherche une vache du nom de Boori et c'est celle-ci.
- Laquelle ? dit le Peul.
- Celle-ci.
- Cette vache m'est destinée, voici sa mère, (répondit le Peul).
- Mon père m'avait envoyé en transhumance et je l'ai perdue, il a dit que je ne mangerai et ne boirai que lorsque je la lui aurai ramenée car c'est elle la vache aînée du troupeau. J'ai fait préparer du couscous et me suis lancé à travers la brousse. Cela fait trente ans que je la cherche. Maintenant, faisons comme ceci. Je vais me mettre de côté et l'appeler Boori. Si elle ne me répond pas, c'est signe qu'elle ne m'appartient pas ; si elle vient à moi, tu sauras qu'elle m'appartient.
Le Peul répondit : Bismillahi.
Le jeune homme se mit de côté et chanta :
« O Boori, ô Boori
Boori la brave
Si calme qu'était le troupeau
Boori était en éveil
Dans le troupeau de Mbaamaan ô Boori. »
Boori commence à courir ; elle se jeta sur lui et se mit à le lécher.
- En toute franchise, cette vache t'appartient, prends-la et rentre chez toi, dit le Peul.
Source: http://www.conte-moi.net

No comments:
Post a Comment